Un antidote à la playstation
![]() Le tennis de table devient vecteur d'insertion. (PhotoDNA) |
Les gamins, aujourd'hui, ils ne connaissent que la playstation, ou l'ordinateur, ils bouffent du hamburger, scotchés devant la télé, et ils deviennent déjà pantouflards à peine sortis du primaire... Non ? Toujours est-il que si la maladie du petit écran gangrène des classes entières (ce qui reste à vérifier), soixante d'entre eux ont au moins pu être « sauvés ».
S'étant donné rendez-vous au Hall Bugeaud, à Obernai, une soixantaine de collégiens venus d'Erstein, Obernai ou Villé ont effectivement réussi à se « décoller » de leur petit écran, pour affronter les plus grands du tennis de table alsacien, toute la journée d'hier.
Pas une seule rixe
Cette initiative relève du programme d'actions instauré régulièrement par les gendarmes de la Brigade de prévention de la délinquance juvénile du Bas-Rhin (BPDJ), qui organisent, ce jour-là en partenariat avec la Ligue d'Alsace du tennis de table, des événements sportifs ou autres, à partager entre copains.
Au-delà de l'anecdote sportive ou conviviale, cette démarche relève d'un véritable enjeu social. « Les jeunes s'arbitrent eux-même, aujourd'hui. On n'a pas vu une seule rixe de toute la journée, relève l'adjudant Bayen, de la BPDJ. Ils doivent trouver eux-même leurs repères, trouver des compromis, apprendre à se parler, à respecter le matériel, les institutions, les gens, et ça marche ».
But avoué de l'action de la BPDJ : « faire comprendre pourquoi la loi est nécessaire, en accentuant davantage sur son esprit, mais sans rien imposer ». Une autothérapie, en quelque sorte, inspirée par les gendarmes, mais réalisée de façon autonome par les enfants.
Casier judiciaire
Apparemment, la mayonnaise a pris. Toute la journée, cette soixantaine de collégiens s'est affrontée lors de tournois, avant de s'opposer à des champions régionaux de la trempe d'Anne Lescout (en nationale 2).
Si, dans ce cas, la pratique du tennis de table répond à une thérapie d'insertion, les jeunes qui y participent proviennent de tous horizons sociaux, « parce qu'il n'y a pas que les enfants dont le casier judiciaire est chargé, qui ont besoin d'être pris en main », énonce fermement l'adjudant Bayen.
Parce qu'on oublie vite, cette action isolée est ensuite relayée dans les MJC et autres centres socio-culturels qui collaborent avec la BPDJ. Et les résultats ne tardent pas à s'afficher : « D'une année sur l'autre, on se rend compte que des enfants ont évolué, et vont même servir de relais aux autres, confie l'adjudant Bayen. Le plus important, c'est de leur confier un temps de parole, lequel appelle un temps d'écoute. Et là, on se rend compte qu'ils ont souvent des choses à dire, savent se remettre en question, retrouvent le goût de mener des actions collectives, de s'investir. »
Le scénario catastrophe de la console de jeu universelle n'est pas encore pour demain...
J-F. Ott, Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 11 Février 2005



























