La Chine, forcément
Présent lors de l’Euro Mini Champ’s à Schiltigheim qui s’est déroulé récemment, le Canadien Adham Sharara, président de la Fédération internationale (ITTF), s’est dit impressionné par le tournoi, et en a profité pour évoquer les JO de Pékin que la Chine, forcément, devrait dominer.
Déjà l’an dernier Adham Sharara devait être présent à Schiltigheim. Mais un empêchement de dernière minute dans un agenda que l’on imagine bien rempli avait différé la venue du président de la Fédération internationale.
Cette année, Adham Sharara, accompagné de la vice-présidente française Claude Bergeret, championne du monde en mixte avec Jacques Secrétin en 1977, a profité d’un déplacement prévu à Francfort pour faire enfin une halte par le gymnase des Malteries.
« Tirer bénéfice de l’excellent travail ici »
« Je suis impressionné par ce tournoi. C’est une très bonne initiative de la Fédération française et je suis fier d’y assister enfin », se réjouissait-il, juste avant le début des finales. Quand on lui demande d’affiner ses impressions sur l’Euro Mini Champ’s, véritable open européen des meilleurs pongistes de 11 et 12 ans, Adham Sharara n’y va pas par quatre chemins.
« Je suis surpris du niveau. A cet âge, il est rare de pouvoir disputer des compétitions internationales, mais un tel tournoi ne peut qu’être bénéfique pour notre sport », enchérit-il. Alors que le Français Paul Gauzy semble bien parti pour décrocher le titre chez les 11 ans, Adham Sharara glisse un mot à l’intention de la Fédération française. « Il y a beaucoup de nations différentes ici, mais il faut vraiment que la Fédération française tire bénéfice de l’excellent travail qu’elle fait ici », insiste-t-il. La victoire de Gauzy lui convenait d’autant plus.
A un an des Jeux olympiques de Pékin, Adham Sharara s’attarde volontiers sur ce grand moment que vivra le tennis de table. « C’est le sport national en Chine, alors forcément en tant que président de l’ITTF j’attends bea †††?ucoup de ces Jeux », souligne-t-il. « L’exposition médiatique sera énorme pour nous. Il faudra que le tennis de table en profite », place-t-il encore.
Même si au pays du tennis de table, Adham Sharara sait qu’il sera dur d’aller battre les Chinois, il sait aussi que tout a été fait pour que l’hégémonie ne soit pas trop forte. « Nous avons créé une épreuve par équipe, qui remplace le double. Chaque nation ne pourra présenter qu’une équipe. En double, il y aurait eu deux paires chinoises en finale. Là, le public pourra soutenir son équipe. Ça sera un grand moment », se réjouit-il.
« Ces Jeux arrivent trop tôt pour la France »
Reste à savoir qui réussira à défier les Chinois. La France ? Rien n’est moins sûr. « Je pense que ces Jeux arrivent trop tôt pour la France. En 2012, cette génération sera plus mûre », tempère Adham Sharara.
Le président de l’ITTF ne se risque pas à établir un pronostic. Enfin, pour aucune autre nation que la Chine. Qui s’y risquerait d’ailleurs ? Par contre, il voit dans l’avènement des « petites nations tels que le Portugal, l’Egypte, le Nigeria », un vrai motif de satisfaction.
L’avenir mondial du tennis de table passera sans doute par-là, mais pour l’instant c’est la Chine qui tient toujours la dragée haute. « Il y a une dynamique énorme là-bas, les entraîneurs changent régulièrement et apportent de nouvelles méthodes », estime Adham Sharara. Avec son réservoir pléthorique, la Chine semble avoir de beaux jours devant elle. Et à un an des Jeux à domicile, il faut forcément s’attendre à ne voir qu’elle. Parole de président.
Cédric Cariou
Édition du Ven 14 sept. 2007 - Dernières Nouvelles d’Alsace

























