De Besnier à Wu

En 1989, Pascal Besnier était le roi du Tournoi international de Mulhouse. Hier, à 47 ans, il s'est offert un énième quart de finale. C'est désormais chez les filles que le club du cru parvient à s'adjuger des titres, avec la victoire, hier, de la Chinoise Mei Wu, deux ans après le doublé réussi par Jeijing Fa, aussi du MTT.
Les années n'épuisent pas Pascal Besnier, l'ancien des tables vertes. Avec ses 47 ans, il pourrait se contenter de renvoyer la balle aux fistons, mais l'homme garde toujours intacte l'envie de jouer. Elle transpire plus fort que lui. Hier encore, pour son énième Tournoi de Mulhouse, il est encore apparu parmi les tout meilleurs d'Alsace, avec un quart de finale aussi inespéré que reluisant.
« Je suis un privilégié»
Certes, il l'a perdu, mais il n'en revient toujours pas d'être parvenu jusque-là. « Soyons honnête, le niveau n'était pas aussi relevé que d'habitude. » Cela n'enlève pas une miette à sa performance. « Quand je joue, j'ai toujours en tête cette notion de chance, celle de pouvoir pratiquer ma passion du tennis de table à un bon niveau. Je suis un privilégié. » Il en a conscience et essaye d'en être digne.
Jamais blasé, il n'oublie pas ces quelques temps où, plus jeune, il avait raccroché sa raquette. Le manque reste ancré, il ne veut plus revivre ce vide en lui. « A la base de tout, il y a le plaisir. Ce n'est pas simple mais j'essaye de le conserver. Si je suis là, c'est parce que j'ai toujours envie de faire du mieux possible. » Alors, à chaque match, il se bat tel un junior, s'arrache sur toutes les balles.
Son jeu ne se construit pas à l'économie et continue d'être fait d'offensives pleines de risques. Et tant pis si cela ne passe pas. Ses plus beaux jours derrière la table sont derrière lui, avec cette victoire - il s'en souviendra toujours - à ce même tournoi en 1989, alors qu'il était encore licencié à l'ASM, classé n°34 français et s'apprêtait à faire l'expérience de la Superdivision de l'époque.
« Ce tournoi, cela fait plus de vingt ans que je le dispute, c'est chez moi, je vis dans le club (le MTT). Pour moi, c'est culturel. » Au calendrier maison, il y a la fête des mères, celle des papas et le Tournoi de Mulhouse. Ce sont des moments qu'on ne loupe pas. « Ici c'est un événement. » Et il est heureux d'en faire partie, avec la famille dans les tribunes, les plus jeunes raquettes entre les mains.
Après Fa, il y a Wu
En 1989, quand Pascal Besnier son aîné du MTT était le roi de Mulhouse, Mei Wu n'avait que quelques mois, elle ne savait pas à quoi pouvait ressembler une raquette. Hier, c'est elle qui est venue offrir un nouveau titre au club après les deux succès de Jeijin Fa. Dans ce tournoi, on l'a vue partout, dans le tableau des filles, des garçons, accumulant les performances et avalant tout au passage.
« Certains matchs, je les ai disputés pour m'entraîner. Je suis contente d'avoir gagné ici, pour moi et le club. » A son palmarès, déjà riche d'une poignée de tournois en Chine, cette ligne supplémentaire lui plaît. « Je joue à Mulhouse, il était important que je gagne ici. » Au MTT désormais, ce sont les filles qui portent la culotte, et la tendance est appelée à s'accentuer encore.
Serge Bastide - DNA

























