"Elles n'ont plus peur"

Le 1er tour du Critérium fédéral de Nationale 1 dames a fait escale dans la Cité du Bollwerk ce week-end. L’occasion de faire un point sur le « ping » féminin avec Jean-Denis Constant, ancien international, médaillé de bronze en double messieurs aux Championnats du Monde en 1983 avec Jacques Secrétin, et par ailleurs ancien vainqueur du Tournoi International de Mulhouse, est aujourd’hui responsable du « Parcours d’Excellence Sportive (PES) » pour les féminines à la Direction Technique Nationale de la Fédération française de tennis de table (FFTT).
En quoi consiste ce « PES » ?
Il a été officiellement lancé le 1er septembre 2009. Pour la première fois, il y a eu une réflexion propre aux filles sur l’ensemble de leur parcours en prenant en compte leurs spécificités organisationnelles, techniques et environnementales. Elles n’ont pas le même niveau de professionnalisation que les garçons et cette action vise à les faire progresser. Une trentaine de joueuses sont concernées. L’objectif est de pouvoir concilier scolarité, entraînement et épanouissement personnel.
« La mentalité alsacienne est adaptée au haut-niveau »
Quelle place occupe l’Alsace ?
Solène Haushalter (SUSTT) fait partie de ce programme. Elle a vécu de belles années en remportant notamment un titre de championne de France et les Euro Mini Champ’s. Son jeu a été remis en cause pour franchir un nouveau palier. Les résultats actuels ne sont pas à la hauteur des espérances mais elle est sur la voie du renouveau. Sa petite sœur Mélissa (SUSTT) et Hélène Witz (Hoerdt) sont aussi suivies dans le cadre de notre projet de détection. L’Alsace est bien organisée et est une terre traditionnelle pour le tennis de table féminin. Le caractère « fort » des Alsaciennes est adapté au haut-niveau. Je suis aussi attentif à l’évolution du Mulhouse TT en Pro B. Le club offre un « plus » aux structures existantes.
Quel objectif fixez-vous aux féminines tricolores ?
Nous visons la première marche du podium en Europe. Elle n’est pas inaccessible avec les joueuses actuelles. Des Grundisch, Dessaint et Mattenet ont une bonne attitude. La génération à venir devrait être très performante. Si on se fie aux résultats aux Euro Mini Champ’s, la compétition européenne de référence pour les plus jeunes, on peut être optimiste. L’exemple à suivre est celui de Simon Gauzy (Levallois), vainqueur en 2005, qui, à 16 ans, enchaîne les performances chez les seniors.
Quel est votre regard sur ce 1er tour du Critérium fédéral à Mulhouse ?
Je suis un peu déçu. Le haut-niveau signifie le dépassement de soi et se démarquer des autres. Or, je constate que certaines joueuses ont du mal à surmonter leur stress. Leur niveau de jeu n’est pas en cause. Elles devraient « s’arracher » davantage à l’image des garçons. Il faut bousculer la hiérarchie, ne pas l’admettre.
L’Europe peut-elle rattraper son retard sur l’Asie ?
Les Européennes n’ont plus peur et se rapprochent des Asiatiques naturalisées. Le titre européen récemment acquis par la Bélarusse Pavlovich en est la preuve. Il existe cependant encore un fossé avec les Asiatiques. Contrecarrer leur hégémonie est un objectif à long terme.
DNA - 26 octobre 2010

























